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04.11.2007
J'ai 100 ans, je sais que c'est pas vrai mais j'ai 100 ans..
Le w-e de merde.
Un vrai, bon, gros, w-e de merde.
La semaine avait pourtant super bien commencé. Damien, mon maitre à penser, avait pris 2 semaines de congés pour être avec sa femme et son fils, j'avais mis fébrilement mon 1er projet pro en ligne dans les temps : http://www.altermundi.com, réparé les bugs sur IE, restaient ceux sur MAC, avait honoré avec énergie et enthousiasme mon bénévolat à la braderie ARCAT, bref, top.
J'ai pas pris mon vendredi, parceque, tout le monde au taf l'a fait et je pensais donc qu'il était préférable que quelqu'un du service web-informatique soit présent.
Vendredi, je suis quand même HS, je décide de bosser de chez moi (avec accord) afin de répondre aux demandes des auxiliaires de crèche et éviter 2h30 de transport pour rien.
Vendredi midi: appel de la crèche.
Lou a 39,2 de fièvre. Merde... On me dit au téléphone qu'elle est blanche, et qu'elle ne mange pas!
J'appelle son pédiatre. Absent. Puis tous les pédiatres du 15è, et finalement tous les médecins généralistes du 15è également. Rercherche infructueuse. Tous en vacances. Ok. Aux grands maux les grands remèdes.
Je file la chercher avec une grosse boule au ventre. Quand, j'arrive, elle est quasiment seule dans la section avec l'auxiliaire. Tous les parents ont fait le pont en famille. Normal.
Elle est juste en body, assez pâle, on lui a mis un petit coussin sur elle. Je tente de la réveiller doucement pour la préparer. Elle se réveille avec des gémissements de douleur. Ouille...
On file en bus, le trajet me parait trop long pour les larmes que je retiens. Il faut comprendre que c'est la première fois qu'elle est vraiment malade, et que je dissimule parfaitement mon anxiété par un détachement sur les problèmes qui se présentent quotidiennement.
Mais là, c'est au dessus de toutes les forces que j'ai pu rassembler, tous ces soucis qui me paraissent futils d'un coup.
Pire qu'une de mes ruptures il y a 6 ans, pire que la boule de peur que j'ai eu au bac. Pire que tout ce que j'ai connu.
On m'a dit, c'est ça être parent. Quand la peur qu'il arrive quelquechose à son enfant paralyse ta pensée et tes jambes. Je devrais pourtant rationnaliser comme à mon habitude, mais ça m'est impossible. Je me dis: et si tout ça ne s'était finalement pas arrêté?
Les urgences pédiatriques nous prennent vite. Je me somme de ravaler mes larmes et mes peurs pour faire rire Lou qui se fait examiner. Elle me sourit avec ses yeux clairs, je la regarde avec amour, ma gorge se serre, et je me dis.. pitié, si il existe quelqu'un là-haut, j'endure trop de choses, préservez là elle. C'est tout ce qu'il me reste, ne me l'enlevez pas, que ce soit juste un virus banal... Qu'il ne lui arrive plus jamais rien de mal. Tel est le voeu de tout parent. Bien qu'illusoire puisque nous savons que la vie est ce qu'elle est. Bref, j'ai complètement psychoté, mais à force, on se méfie de notre destin.
Bilan: Ils n'ont pas su ce que c'était. Ce n'est ni les dents, ni un truc ORL, ni pulmonaire (elle tousse et est enrhumée depuis 1 semaine). Rien de ça. Résultat: Il faut qu'elle soit surveillée jusqu'à lundi, et si il y a un autre signe qui accompagne la fièvre, filer direct aux urgences pour d'autres analyses.
Les 3 jours qui viennent de passer ont été très pénibles. Voir son enfant souffrir et approcher les 40 degrés, qu'elle ne veut pas avaler grand chose, sans pouvoir rien faire d'autre que de l'aimer, et être avec elle, checker sa température toutes les 2h, et dormir d'un oeil pour les réveils nocturnes en larmes. Voilà des situations qu'on est incapable d'expliquer aux futurs parents enthousiastes. Souffrir autant parceque là c'est son enfant qui lutte, et que nous, nous sommes impuissants dans ce combat, ça c'est la réalité.
Après cet épisode, certes je suis encore plus fatiguée, mais je peux avoir des soucis d'argent pour mener la barque seule, je peux lutter contre mes crises d'angoisse dans le métro qui reviennent, je peux manquer de sommeil et de repos, mais tant que ma fille va bien et que je fais tout mon possible pour qu'elle le soit, le reste m'est bien égal.
16:15 Publié dans Mère&fille | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Lou, malade, ARCAT, Necker, Fièvre, angoisse, veillée
Commentaires
On voit bien que c'est ton premier ;-)
(Je souris parce que les miennes ont souvent frôlé les 40° en bas âge – bon ok, c'est pas forcément bénin) alors bon, on se tape quelques flips, mauvaises nuits à lui faire des bains pour le/la refroidir un peu... et ça passe souvent très vite.
C'est moi qui ait eu droit à 39,8° ce week-end. Une angine. Trop de bonheur.
Ecrit par : Comme une image | 04.11.2007
Ma tite julie, tu as eu raison, tu as fait se qu'il faut. les gens qui te dise le contraire, sont vraiment con. Un enfant avec une grosse température c'est normal...Un conseil pour faire baisser la température fais boire ta puce, le bain, cela peux provoquer un choc thermique.
Si tu as besoin, mon tel est branché en permanence pour toi et Lou.
Pleins de bisous a toutes les deux
Anne-Sophie
Ecrit par : Anne-So | 06.11.2007
CuI & AnneSo, merci pour les conseils :)
AnneSo: Pr la prochaine fois (bizarrement, j'imagine bien qu'il y a un abonnement à vie pour ce genre de tracas. Mais bon, j'ai signé alors..
CuI: Oui, c'est ma première, et la seule pendant un sacré bout de temps, histoire de récupérer les 10 ans que j'ai pris d'un coup sur les reins, et les épaules ;)
Mais reviens pour les conseils, en patriarque avisé!
Ecrit par : Julie | 10.11.2007
Faut éviter évidemment les chocs thermiques avec les bains. De mémoire, l'eau doit être 2°C en dessous de la température du bébé. Et puis on peut aussi descendre progressivement la t°. Enfin, tout ça est généralement expliqué avec les détails dans les bouquins de pédiatrie, j'avoue que mes souvenirs commencent à dater ;-)))
Ecrit par : Comme une image | 10.11.2007

